PROPSI est une association loi 1901, sans but lucratif. Elle a pour objet de soutenir et promouvoir la recherche dans le développement global de l’enfant et de l’adolescent sous forme de rencontres, échanges et confrontations entre professionnels de différentes institutions. Elle se veut au service de la créativité au carrefour de différentes disciplines et des pratiques de soins, de pédagogie, d’éducation.

 

 PROPSI a la vocation de défendre une exigence éthique fondée sur une conception psychodynamique qui prend en compte la dimension de l’inconscient et vise à  promouvoir le statut de sujet chez l’enfant. La notion de sujet suppose que tout être humain doit être considéré apte à s’exprimer selon ses moyens avec des semblables soucieux de l’accueillir et de l’écouter.

 

PROPSI organise des colloques, des journées d’études, des débats citoyens en lien avec des institutions  ou autres associations ayant la même exigence éthique.

 

PROPSI propose une journée de réflexion sur la question du toucher et du contact dans la pratique clinique, question qui apparaît importante dans le contexte actuel où prédomine une pensée gestionnaire qui voudrait évacuer cette dimension humaine qu'est l'émotion, cette expression manifeste de la vie psychique.

 

Cette journée est prévue le 8 avril 2017, à Vetraz-Monthoux, à La Maison des Adolescents.

 

Texte pour favoriser la réflexion autour du corps, du contact, du toucher dans toutes les pratiques

 

Le contact et le toucher sont essentiels dans notre constitution d'êtres humains impliqués dans nos relations via tous nos sens, nos pulsions et leurs objets, nos différentes zones corporelles, nos sensations, nos sentiments, notre manière de donner sens à ce qui nous arrive. Toucher, être touché, être touchant, selon des modalités différentes en fonction de la nature des engagements et des paroles échangées.

 

Dès le ventre maternel s’établit le premier contact de la peau avec l’autre. Le tactile est le premier sens à se développer. À partir du 3ème mois et jusqu'au 5ème, le corps du fœtus se dote des récepteurs cutanés et au 7ème mois, la liaison avec le système nerveux central est établie. Ce premier toucher s’établit avec et à travers la paroi utérine de la mère. C’est l’ébauche du dialogue tonique entre une peau sensible, un corps musculo-squelettique et une enveloppe contenante tonique, élastique. Le dialogue tonique se poursuit dans tous les apprentissages physiques et il permet tenue, souplesse du corps, en mouvement  ou au repos. Ce dialogue tonique se transpose aussi dans la psyché.

 

L’haptonomie est une pratique du contact avec le foetus, via la mère, qui facilite l’amorce du développement de l’affectivité par la relation entre le fœtus et ses parents.

 

À la naissance, la mère touche directement son bébé avec ses mains, ses seins si elle l'allaite, toute surface de son corps en contact avec le corps du bébé, avec aussi son regard, sa voix, son odeur, toute sa sensorialité, son implication émotionnelle, ses affects, ses angoisses, son narcissisme. Elle le touche avec son cœur, ses mots et aussi ses pulsions car il est son objet d'amour. Le bébé répond avec ses pulsions en recherche d'objet adéquat et ses propres aptitudes d’abord buccales, gestuelles, émotionnelles. Et sa mère le porte, le caresse, le masse, le toilette, le câline, le rassure, l’éveille ou le calme, et, organise ses pulsions partielles. Elle l'écoute, lui parle et lui apporte ses soins.

 

Les réactions, les émotions du bébé, les sourires vont toucher très vite ses parents et leurs proches. Leur voix, leur regard éveillent, bercent, consolent, portent, encouragent, protègent, dans le meilleur des cas. Le toucher est donc aussi à distance, émotionnel et moteur, partagé, entre autre du fait de l’activité des neurones miroirs. Il est aussi fondé sur l’intense investissement affectif, narcissique et pulsionnel réciproque mais asymétrique. Entre accueil et rejet, attention ou indifférence, pression douce ou trop forte, le toucher est essentiel, et de plus il est parlant...Il contacte autrui ou le rejette. Le toucher, a priori agréable et sécurisant, peut devenir intrusif, blessant ou manquant, s’il est mal ajusté aux besoins du bébé. Les façons de toucher laissent des traces, des empreintes à déchiffrer et à symboliser. Elles permettent une mise en contact et elles l'établissent entre sujets, ou bien elles font vivre des rejets, ou autres violences plus ou moins supportables. L'absence de toucher est aussi une violence qui laisse le sujet désœuvré dans son corps, abandonné, sans autre qui l'a contacté.

 

Le toucher est le médiateur de la relation avec l’autre : pas de sensation d’être touché sensoriellement sans qu’un corps ne me touche, fusse le mien propre. Mais la présence est aussi un toucher sensible en filigrane et vient de la perception des différentes modalités du toucher de chaque personne. Quelle présence dans le toucher ? Quel toucher dans la présence ? Touchants et touchés à la fois.

 

L’autonomie nécessaire à l’individuation qui différencie les corps et les sujets humains, suppose de supporter la séparation. Cette étape de transition peut se faire à l’aide du doudou. Le toucher se déplace du corps de la mère, des traces inscrites par elle et il se fait alors sans elle, sans effacer les premières  empreintes. Il est remis en scène et transformé dans les jeux avec l’autre ou avec des objets symboliques. Le sujet explore le monde et s’y adapte ou cherche à le modifier d’abord par le contact. Le toucher se complexifie, il doit trouver ses limites et la loi qui distingue, protège les sujets. L’intimité sera découverte, encouragée et défendue comme le bien le plus précieux. Les interdits fondamentaux sont centrés sur le toucher : l’interdit de l’inceste et celui du meurtre.

 

Le contact se transforme en tact lorsque la bonne distance relationnelle est trouvée. Pour cela il convient que l’angoisse, d’abord archaïque, se transforme et s’apaise pour finalement devenir signal. Elle permet alors l’ajustement aux réalités de l’autre. Le toucher est asymétrique entre enfant et adulte, soit entre tension d'un côté et apaisement de l'autre, soit simplement du fait des manifestations touchantes de l’autre. Le toucher de l'adulte doit soutenir, encourager le développement de l'enfant, sans craindre de sa part, son passage par un désir incestueux et sa passion pour ses parents. Il y aura ensuite à l'aider à se libérer de ses premières attaches et à transformer son toucher... pour être, mais plus à distance...C'est l'ouverture à l'espace de l'inter et du dit.

 

Parallèlement l’histoire de l’origine du sujet se relie au toucher intime fantasmé entre les parents, accessible de manière imaginaire et en partie inconsciente. C’est le fondement de l’investissement de la pensée et de la vie psychique.

 

Nous assistons actuellement à une planification sans précédent des groupes humains. Les gestions administratives, financières, idéologiques hiérarchisent, classent, casent, isolent, excluent selon des critères soi-disant résolument indiscutables dans l'ordre du visible et du quantifiable. Ce mode de gestion évacue le toucher, les émotions et la question d'un vécu affectif parce que le toucher et l'émotion sont dans un registre subjectif et donc considérés (à juste titre ?) comme ingérables. Y a-t-il aussi un véritable tabou du toucher ? Tabou de l'émotion et tabou de la sexualité ?

 

"Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas" disait Blaise Pascal. Une logique gestionnaire qui  exclut l'émotion en ne lui faisant pas place, nous désaffecte. Quelle affectation pourrions-nous alors  avoir ? Avoir du cœur à l’ouvrage ? Trouver notre place et effectuer notre mission ? L'affectation est à la fois émotive, topologique et fonctionnelle. C'est ainsi qu'on habite une place et un travail. Cette injonction à désaffectiver et cette volonté de priver du toucher-touchant, créent du désespoir dans tous les milieux socio-professionnels. N’est-ce pas considérer la personne « gérée » comme devant être insensible aux autres et à elle-même? N’est-ce pas la déshumaniser ? La rendre intouchable ? Ensuite, cette répression de l'émotionnel peut se retourner, de part et d’autre, en violences inouïes sans limite, justement parce que sans affectation, sans aucune autre loi que le déchainement de sa propre passion ou haine de soi, des autres aussi.

 

La gestion devrait donc respecter ce qui nous touche, ce qui nous rend touchant, faire une place à nos émotions pour que nous puissions en être affectés, et, vivre toutes les teintes des sentiments qui nous touchent, nous donnent un cœur, un corps vivant, un vécu, un cheminement, une histoire avec les autres. Il y a alors à distinguer la dimension du cœur touché dans un corps sensible et pulsionnel, affecté, de la question de l'écoute. L'écoute qui accueille puis ouvre au questionnement avec tact, bienveillance, distinction dans un souci de différenciation, aide à transformer les pulsions, les agir et les émotions qui les sous-tendent, en une parole qui rejoint un destinataire affecté, touché par cette présence en train de se dire. Un contact s'établit. Seul l'effet de rencontre par un tel acte de parole entre deux sujets, permet à l'émotion de toucher son but en affectant l'un et l'autre. Cela défie la logique de toute gestion et remet en évidence l'écoute, la parole, le tact, le contact, l'intime, le corps sexué et sa sexualité...Tout ce qui fait le sujet humain incarné avec sa liberté au cœur de son désir de toucher un autre et d'être touché par un autre, en vérité quel que soit son statut.

 

        Jean Louis Tourvieille de Labrouhe  et François Dulac, pédopsychiatres de service public.

 

PROPSI: association de Promotion Recherche Ouverture des Pratiques autour du Sujet Infanto Juvénile.     

 

 

 

 



Ajouté le 30/11/2016 par Jean-Louis Tourvieille - 0 réaction

 

Des mains pour parler, des yeux pour entendre

La voix et les enfants Sourds 
 

André MEYNARD

 

http://www.editions-eres.com/ouvrage/3753/des-mains-pour-parler-des-yeux-pour-entendre

 

Parler, entendre ne sont que par l'effet de la dimension désirante qui ouvre seule nos oreilles, mais aussi, comme le soutient l’auteur, qui insère les yeux et les mains dans le circuit langagier pour tout humain : en cela les enfants Sourds nous enseignent.

Cet ouvrage s'inscrit en faux contre tout abord qui met l'accent indument sur le seul sonore pour accéder au parler et à l'entendre. Il démontre par son abord clinique comment la vocalisation n'est pas la seule voie pour recevoir le langage. Le geste humain comme les yeux font partie intégrante de la créativité langagière chez les « parlêtres » que nous sommes.

Les enfants Sourds n'ont pas à être considérés comme des déficitaires à soigner par le son, il ne s'agit pas tant de médicaliser leur existence que de parvenir à les entendre en reconnaissant l'originalité de leurs modalités langagières.



Ajouté le 06/03/2016 par Tourvieille Jean-Louis - 0 réaction

 

 

LE DIVAN DU MONDE
Un film de Swen de Pauw



    A prescrire !!!

    Sortie le 16 Mars 2016 dans toute la France !
    Pendant la semaine de la santé mentale du 14 au 27 mars #SISM2016

    Vous êtes un professionnel de la santé ? Vous êtes psychologue, 
psychiatre ? Vous voyez un professionnel de la santé ? Vous avez une 
petite baisse de moral ? Rien de tout ça ? Tout à la fois ?
Dans tous les cas : ce film va vous faire du bien !

Visitez notre site internet et faite vous une idée du film : 
http://www.shellac-altern.org/films/372

    Synopsis : Dans le cabinet de Georges Federmann, psychiatre atypique et 
iconoclaste, consultent des patients français et étrangers. Originaires 
du quartier, du village voisin ou d’un autre continent, Diane, Gilbert, 
Karim ou encore Claudine viennent confier ici leur histoire. Pour 

certains il s’agit de trouver un refuge, une oreille attentive, pour 
d’autres c’est l’envie de vivre qu’il faut préserver.


« Le divan est "un révélateur et un projecteur de nos vies"(de la vie). 
De manière dynamique et thérapeutique en réunissant les spectateurs 
autour de la reconnaissance de la douleur comme une partie fondatrice de 
nos vies.
Le film dédramatise la douleur morale, la dépression et les souffrances 
psychiques et constitue un manifeste politique à l'espérance et à la 
persévérance.
Il révèle la part de liberté tapie en chaque spectateur-usager et remet 
en question le poids du pouvoir médical pour remettre le médecin à sa 
juste place de "compagnon de route" et non plus de démiurge. »
    George Federmann (Le psychiatre)


« Dans la construction narrative du film, le rire était quelque chose de 
primordial. Il était hors de question que le film soit triste car c’est 
un  lieu qui est tout sauf triste, c’est un lieu joyeux, plein de vie. »
    Swen de Pauw (Le réalisateur)


    Ce film va faire parler de lui et nous avons pensé que vous ne voudriez 
pas manquer l'occasion de vous associer à son succès !
Comment faire ? C'est très simple. Agenda culturel, affiches, flyers, 
newletters, image site, facebook, tweeter...

    Et si le film n’est pas encore programmé dans votre ville et que vous 
souhaitez qu'il le soit :
programmation@shellac-altern.org
Contactez Lucie Commiot, Anastasia Rachman ou Emmanuelle Lacalm.



N’hésitez pas à prendre contact avec moi si vous avez besoin de supports 
promotionnels par exemple ou même pour discuter du film, je me tiens à 
votre entière disposition.

Bien à vous,

-- 
Julie Bourdin
SHELLAC SUD
La Friche, La Belle de Mai
41 Rue Jobin
13003 Marseille
06.40.75.71.39
www.shellac-altern.org



Ajouté le 11/02/2016 par Jean-Louis Tourvieille - 0 réaction

 

- TDAH : Trouble déficitaire de l'attention, avec ou sans hyperactivité

 

Disponible sur Internet : http://www.yapaka.be/sites/yapaka.be/files/publication/84-sferrazza_hyperactivite-web_0.pdf 
 

SFERRAZZA Rita, Fédération Wallonie-Bruxelles de Belgique, Bruxelles, 2015, 61 p. 
TDAH, hyperactivité, troubles de l’attention, agitation... Ces troubles sont au cœur des préoccupations des parents, des professionnels de l’éducation et de la santé face aux souffrances de l’enfant. Maladie à médiquer pour les uns, symptômes à comprendre pour les autres... Les opinions ont fait l’objet de vifs débats qu’il y a lieu de dépasser aujourd’hui. En effet, les recherches scientifiques ont pu éclairer des zones encore obscures il y a peu et remettent en question un recours premier aux substances psychotropes. Comment s’y retrouver aujourd’hui ? Les médicaments, sont-ils prescrits à bon escient ? Quelles pistes de prises en charge tiendront compte de manière globale de la réalité de l’enfant et de sa famille ? [Résumé d'éditeur] 



Ajouté le 25/11/2015 par Jean-Louis Tourvieille - 0 réaction

Un collectif de psychiatres pose le problème de la dérive vers une augmentation et une banalisation des pratiques de contentions en psychiatrie.

 

Pour accéder à cette information de Libération cliquer sur le lien ci-dessous :

 

http://www.liberation.fr/societe/2015/09/08/contention-la-derive-securitaire_1378418



Ajouté le 14/09/2015 par Tourvieille Jean-Louis - 0 réaction

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